Messages envoyés depuis mon compte Twitter

Ils avaient le choix entre les servir, comme l’avaient fait de nombreux hommes libres avant eux, ou les fuir et se cacher.

Ils se contentaient de liens aussi intenses que brefs puis, fatalement, ils se heurtaient aux Croisés, c’était la désillusion.

Tant qu’ils se nourrissaient de nouvelles rencontres, ils n’en souffraient pas trop. Ils tissaient un immense réseau relationnel.

Ils le regrettaient, mais l’envie d’être ailleurs, d’expérimenter, aussi les contraintes du quotidien, les éloignaient immanquablement.

Comme toujours, leur goût pour la liberté les avait poussés à poursuivre leur route en solitaire. Ils ne se voyaient que par intermittence.

Il raconta comment des hommes et des femmes libres s’étaient rencontrés aux quatre coins du monde et avaient noué de solides amitiés.

Il désigna le chalet, la vue sur Genève, le lac Léman. « Nous avons créé sur le Salève une communauté de proximité. »

Il marqua un silence. « Nous ne faisons pas toujours confiance aux technologies avancées, nous préférons souvent le contact direct. »

Les deux femmes rieuses quittèrent la pièce avec gène. « Certaines choses ne peuvent être discutées que de vive voix, dit Pélias. »

« Moi non plus, je n’entrerai jamais dans votre secte. » « La porte est grande ouverte. » « Extase, calme-toi, la pria DS. »

« Mais vous constatez que l’éducation nous détermine quoiqu’il arrive. » « Pas toujours. Tes parents ne sont pas Freemen. »

« Nous avons pour règle de ne jamais rien révéler à nos enfants, dit Pélias. Ils choisissent de vivre comme ils l’entendent. »

Jason tombe amoureux de Médée la fille du roi. {Médée ? Mitch ?} « Le père de Mitch est-il un Freemen ? demanda Extase. »

Il promet de rendre le pouvoir à son neveu s’il ramène de Colchide la Toison d’or gardée par le roi Éétès.

Requête sur le mobile. Dans le mythe des Argonautes, Pélias écarte du trône d’Iolcos son frère, le père de Jason.

L’homme se racla la gorge. «On m’appelle Pélias, je suis l’ami de Jason.» Extase se figea. {Pélias ?} Ce nom évoquait un lointain souvenir.

« Vous possédez tous des implants. Mais pourquoi sommes-nous venus jusqu’ici ? » « Il fallait bien aller quelque part, dit DS. »

« Que je suis bête ! s’exclama Extase. Vous vous parlez. » Elle sortit son mobile. Elle capta un puissant signal Wifi.

C’était le matin, une matinée en apparence comme les autres. Les deux femmes ne se formalisaient pas de la présence d’inconnues.

Le rustique et le moderne s’y mêlaient dans l’unique but de faciliter la vie sans surcharges décoratives.

Deux femmes apparurent en haut d’un escalier. « Bonjour, dirent-elles. » Elles se dirigèrent vers une cuisine américaine aux lignes inox.

L’homme arrivait avec un plateau chargé d’une cafetière et de bols. « Asseyez-vous, dit-il. » Il posa le plateau sur une table basse.

La façade opposée du chalet s’ouvrait sur la neige éblouissante. Des pas firent crisser le plancher.

Un feu brulait dans une cheminée construite avec les mêmes pierres de taille que les chalets. La lumière jaillissait de partout.

La piste se dirigeait vers le chalet central, une terrasse, une baie vitrée. DS n’hésita pas.Elle saisit la poignée, fit coulisser la porte.

Trois chalets en pierres de taille dominaient les falaises du Salève, des bâtisses solides comme les rocs sur lesquels elles se perchaient.

L’homme avait disparu. Il ne restait que ses marques, ses croix faciles à traquer. Elles débouchèrent dans une clairière.

Le sentier coupa un chemin qui desservait deux habitations, revint sous le couvert, coupa la route à deux reprises, retrouva le couvert.

Les branches s’arquaient au-dessus du sentier. Brunes vers le sol, branches vers le ciel, espèces de gâteaux à la chantilly.