Brief

De tout temps ont vécu des originaux, des marginaux, des hommes et des femmes libres. Comme ils étaient seuls, isolés, ils n’étaient pas dangereux. On se moquait d’eux ou on exploitait leur créativité. Tout change avec le Net. Ils se rencontrent, ils se parlent, ils s’organisent, ils se multiplient. Les tenants de l’orthodoxie capitaliste, on va dire les conservateurs, ne voient pas d’un bon œil la montée en force de cette puissance. Inacceptable que des gens consomment moins par exemple. Il faut les éliminer. Il faut lancer une croisade contre ces hérétiques.

Notes (qui sera en intro du roman)

Chaque fois que nous dialoguons avec quelqu’un, nous faisons circuler entre lui et nous des informations. Depuis la fin du xxe siècle, sous l’impulsion des nouvelles technologies de communication, toutes ces informations qui circulent librement entre chacun de nous constituent un flux d’une ampleur sans précédent. Ce flux rappelle les signaux électriques et chimiques dans nos cerveaux. Il participe à l’émergence d’une intelligence globale, d’une conscience collective.

Si vous lisez ces lignes, vous vous sentez peut-être déjà dépositaire d’une part de cette conscience. Vous vous savez membre d’un tout qui vous dépasse, un tout qui unit les êtres vivants à la planète elle-même. Par le passé, seuls les croyants partageaient cette expérience, aujourd’hui universelle.

Dorénavant, ce qui se passe ailleurs nous concerne tous. Nous ne pouvons plus laisser faire n’importe quoi. Réciproquement, quand nous découvrons une initiative intéressante, nous voulons pouvoir la reproduire. C’est une révolution radicale. Mais comme toute révolution, elle engendre ses détracteurs.

Certains hommes, souvent au nom de grands principes philosophiques, d’autres fois au nom de la tradition, refusent l’idée de conscience collective. Ils veulent maintenir les frontières, qu’elles soient géographiques ou raciales, idéologiques ou religieuses. Pour préserver le monde dans lequel ils sont rois, ou tout au moins confortables, ils ont lancé une croisade contre les animateurs de la conscience collective : les hommes libres.

Atelier Id

40 ans, il reste un techos même si en prenant de la bouteille il est devenu manager. À 30 ans, il ressemblait à Dan Kaminsky, en plus affuté. Sans être sportif, il fait un peu de VTT… et il est du genre plutôt ascète (ça c’est moi).

C’est un hacker au sens de super techos, le sens original du mot. Dans sa jeunesse, avec Jos, il a joué au craker, mais tout cela est oublié. Il y a totale prescription. Id n’a rien à cacher.

Id pourrait travailler pour une grande banque (ça peut jouer dans la suite de l’histoire). Il pourrait être le boss d’une petite boîte, mais sans doute moins de potentiel narratif.

Il veut retrouver Jos parce qu’il est blessé depuis leur rupture. C’est en quelque sorte une amitié gaspillée, une opportunité de plus de bonheur gâchée. C’est lui qui retrouve son vieil ami en utilisant son ancien pseudo (pas Jason un autre… à définir).

Son portable aussi bien que celui de Mitch ne recèle d’aucun secret. Le sien est équipé de softs de hacker mais rien d’extraordinaire.

En revanche, dès qu’Id se retrouve en danger, il se révèle un guerrier. C’est une découverte pour lui-même. Je m’inspire d’une anecdote personnelle. J’ai une nuit surpris chez moi un voleur et à poil je l’ai poursuivi sans réfléchir. Je l’aurais bouffé. Je crois que personne ne peut savoir comment il réagirait en position d’extrême danger.

Id se surprend donc. Il a peur mais reste calme et surtout pondère les possibilités. Il cherche à maximiser ses chances même s’il fait des bêtises comme déclencher l’alarme dans la ferme des Anglais.

Après avoir parlé avec Jos, il sait qu’il doit fuir. Il sait qu’un mobile on, c’est se faire repérer et traquer. Donc il se déconnecte.

Il sait que s’il appelle Mitch, ils la repéreront aussi. En plus, il a dit au gendarme qu’il habitait plus loin sur la route. Donc, il passe par le net, par une connexion qui ne peut être surveillée. Il fait tout pour ne pas trahir la présence de Mitch et des enfants dans la maison.

Son erreur, c’est de faire sonner l’alarme, donc de donner sa voiture, son immatriculation… Toutes les autres précautions n’ont servi presque à rien. Ses ennemis savent où exactement se trouve sa maison de campagne.

Voilà où j’en suis. À mon sens Id n’a pas à donner des consignes de sécurité informatique à Mitch. Elle sait comme tout le monde qu’il serait stupide d’appeler sur un mobile, c’est pour ça qu’elle demande comment entrer en contact et qu’il lui dit de laisser des traces dans les forums.

Mitch n’a rien d’autre à cacher que ses enfants ! C’est déjà beaucoup.

Atelier Mitch

On sait qu’Id a quarante ans. Qu’il est spécialiste de l’infosécurité. Que dans sa jeunesse il a été pirate avec Jos.

Il travaille à Paris. Sans être riche, il n’est pas dans le besoin puisqu’il a une maison de campagne dans le Lot-et-Garonne.

Il fait du VTT. Il est donc un peu sportif sans être capable de courir un marathon. À la situation de crise soudaine dans laquelle il se trouve, il réagit comme un guerrier. Sans doute de vieux réflexes de sa jeunesse de pirate.

Mitch est pour le moment une inconnue. Je l’imagine deux ou trois ans plus jeune qu’Id. J’ai envie d’en faire une sorte d’Étienne Chouard. Je la vois prof de droit et d’économie dans une fac parisienne.

Elle est descendue dans le Lot-et-Garonne dès le début des vacances avec les enfants (deux petits monstres).

Elle travaille sur les constitutions et cherche des solutions pour que les hommes de pouvoirs ne définissent pas eux-mêmes les règles de leur propre pouvoir. Elle rêve d’une véritable démocratie.

Et elle sait que le frein à la véritable démocratie, c’est la monnaie. Aujourd’hui le haut de la pyramide, demande aux gens de prêter leur argent et en échange ils vont relancer l’économie. Ils demandent de leur faire confiance. En fait, ils agissent exactement comme Madoff. Donnez-moi votre fric et je vous le rendrai au centuple. Ça c’est le discours. Dans la réalité, personne n’a de garanties… ou si la garantie de se faire escroquer… que ce soit par l’État ça ne change rien. Ça marche que parce que les gens y croient.

Mitch pourrait militer pour l’OpenMoney… La solution, c’est de décentraliser ce système aussi, exactement comme il faut décentraliser la rédaction de la constitution.

Comment ça pourrait marcher

J’écris des twitts depuis mon compte Twitter ou depuis mon mobile.

Ces mini-paragraphes de 140 caractères maximums se retrouvent sous dix minutes republiés sur ce blog. Chacun devient un billet qui peut être commenté. Ils viennent aussi compléter le chapitre du twiller en cours de rédaction.

Il est ainsi possible de lire en temps réel ou de lire le récapitulatif. On peut commenter paragraphe après paragraphe ou directement le chapitre en cours de construction.

Les utilisateurs de Twitter peuvent aussi commenter avec Twitter et leurs commentaires deviennent des billets (qui eux ne seront pas agrégés au chapitre en cours… ce serait une autre expérience).

Les commentaires m’aideront à construire la suite de l’histoire (dont je n’ai qu’une très vague idée pour le moment) et à modifier le passé a posteriori.

Où cela va-t-il conduire ? Je n’en ai aucune idée. J’imagine que ça peut-être amusant si nous sommes quelques uns à interagir.

On pourrait se retrouver éventuellement dans une situation de jeu de rôle. Je serais le scénariste et les commentateurs les personnages. Je définis la trame et en fonction des réactions j’improvise la suite.